Le professeur de droit et avocat pénaliste canadien Julio Benítez publie un récit détaillé des 15 années de bataille juridique d'Eduardo García, un consultant financier né au Guatemala qui a révélé une fraude de plusieurs millions de dollars pour finir lui-même accusé en tant que principal suspect. L'ouvrage, intitulé Canada, un paradis juridique, relate comment García a immigré au Canada en quête de sécurité et d'équité, mais s'est retrouvé pris dans une lutte judiciaire internationale s'étendant sur deux continents et qui se poursuit encore aujourd'hui.
L'affaire concerne Itaipú Binacional, une entreprise publique brésilo-paraguayenne reconnue comme une puissance énergétique mondiale et détentrice d'un record Guinness, mais qui est aussi un symbole notoire de corruption politique. La société a fait face à de nombreuses allégations de malversations concernant ses transactions financières et la gestion de son fonds de pension (https://cajubi.org.py/webcajubi/), ce qui a entaché sa réputation au-delà des frontières. Selon le récit détaillé de Benítez, Itaipú Binacional poursuit García pour qu'il rende compte de plus de 20 millions de dollars qu'un juge canadien affirme qu'il a détournés du fonds de pension, bien que l'auteur présente des preuves remettant en cause cette version.
La décision judiciaire repose sur ce que l'auteur qualifie de théorie du complot, alléguant à tort que García aurait versé des pots-de-vin à des administrateurs supervisant le fonds de pension. Le problème fondamental de cette demande, comme expliqué en détail dans le livre, est que García ne peut fournir les justificatifs demandés car il n'a jamais reçu l'argent présumé, et les supposés pots-de-vin mentionnés dans les accusations n'existent pas selon les preuves présentées. Cela place García dans ce que Benítez décrit comme une position juridique impossible, confronté à des demandes de justification pour des fonds qu'il n'a jamais détenus.
Après plus de 15 ans de poursuites acharnées, les tentatives d'Itaipú pour faire emprisonner García pour des actes liés à cette affaire se sont avérées infructueuses, malgré d'importantes ressources juridiques déployées contre lui. Le livre suggère que la stratégie judiciaire actuelle semble motivée par une volonté de le réduire au silence alors qu'il continue de révéler la vérité sur les événements entourant l'affaire au Canada et au Paraguay, créant ce que l'auteur décrit comme un effet dissuasif pour les futurs lanceurs d'alerte. Benítez décrit la lutte entre García et Itaipú comme bien plus complexe qu'un simple scénario de David contre Goliath, la caractérisant comme une confrontation entre David et Goliath, renforcée par une série d'adversaires redoutables incluant les systèmes judiciaires et les intérêts politiques.
L'auteur, qui a travaillé 15 ans pour Itaipú Binacional, notamment en tant que consultant juridique relevant du directeur juridique, apporte un éclairage unique sur les mécanismes juridiques transfrontaliers utilisés dans l'affaire contre García. Le livre rassemble les témoignages de personnalités clés connaissant le dossier, révélant comment des preuves ont disparu, des juges ont détourné le regard et des hommes puissants se sont serrés les coudes pour protéger des milliards en jeu dans ce que l'auteur décrit comme une opération systématique d'étouffement. Benítez conclut que le véritable crime n'était pas la fraude initiale, mais plutôt la dissimulation systématique qui a suivi les révélations de García, soulevant de sérieuses questions sur la coopération judiciaire internationale et la responsabilité des entreprises.


